Depuis son implémentation en France, le BIM ne cesse de gagner du terrain : 30% des projets immobilier étaient réalisés en BIM en 2017 et les incitations de l’Etat contribuent fortement à la transition numérique des entreprises du bâtiment.

Pourtant, si le BIM semble bien parti pour devenir une méthodologie de référence dans la gestion de projet, son adoption ne fait pas encore l’unanimité : dans les années qui viennent, il va devoir convaincre les acteurs les plus traditionnels du BTP, au risque de rester une méthodologie de travail minoritaire s’il n’y parvient pas. Dans la courbe d’adoption des produits ou des services innovants, le BIM est à un moment charnière : va-t’il réussir à être adopté par la majorité des professionnels du milieu ?

enjeux de l'adoption du BIM en France

Le gouffre technologique du BIM illustré !

Le gouffre technologique : la dernière épreuve du BIM

A une époque où les innovations technologiques bouleversent nos quotidiens personnels et professionnels à toute allure, Geoffrey Moore, un consultant de la Silicon Valley, s’est demandé pourquoi certaines innovations étaient utilisées par tous, tandis que d’autres ne parvenaient jamais à intéresser le public. Il a ainsi créé une courbe d’adoption des innovations, basée sur une courbe de Gauss : lorsqu’un nouveau produit ou service est lancé sur un marché, il plaît d’abord aux “early adopters” c’est-à-dire les individus ou les entreprises qui ont une appétence pour l’innovation et les nouvelles technologies. Une fois ses premiers utilisateurs convaincus, il doit ensuite se faire adopter par les acteurs plus traditionnels du marché : ils sont majoritaires et ce sont eux qui vont déterminer son succès. Si beaucoup de produits ou de services innovants parviennent à convaincre les “early adopters”, beaucoup ne parviennent pas à plaire à la majorité de leur public cible : c’est le fameux “gouffre technologique” qu’ils ne réussissent pas à passer.

Pour le BIM, l’enjeu est similaire : une minorité d’entreprises ont passé le cap et travaillent en BIM. Mais il faut encore convaincre la majorité des acteurs du bâtiment, et ils sont bien plus résistants au changement !

 

Comment favoriser la transition numérique des entreprises du bâtiment ?

Pour le BIM en France, la problématique est très actuelle : comment dépasser les 30% d’utilisateurs et être utilisé par la majorité des entreprises du BTP ? Aujourd’hui, de nombreuses initiatives se croisent pour convaincre de la valeur ajoutée du BIM, pour accompagner les équipes qui souhaitent y recourir, et pour capitaliser sur la forte incitation de l’Etat.

En voici quelques exemples :

  • Il existe des associations de professionnels qui font un fort travail d’évangélisation comme Mediaconstruct ou Novabuild,
  • L’arrivée de formations diplômantes comme le master “BIM Manager” des Ponts et Chaussées permettent aux professionnels et étudiants de se former et de travailler avec des entreprises françaises.
  • Les salons du BIM comme le BIM World ou le BtoBIM rencontrent un succès toujours croissant ! En plus de permettre aux professionnels du BIM de se rencontrer, ils dédient toujours une partie de leurs conférences aux acteurs intéressés par le sujet, mais qui n’ont pas encore passé le cap.

 

Chez BIMinMotion, nous accompagnons les acteurs du bâtiment dans leur transition numérique : nous nous sommes donné pour mission de contribuer à l’expansion du BIM en France et nous nous impliquons pour cela dans de nombreuses initiatives. Suivez-nous sur twitter pour en savoir plus !

Pour aller plus loin : Don’t get trapped in the BIM chasm de BIM Strategy.


Le BIM se veut au service du développement durable : en limitant les erreurs de construction, en harmonisant les échanges entre acteurs publics et privés, et en permettant aux gestionnaires de patrimoine d’anticiper sur l’entretien de leurs biens, il permet de faire gagner un temps et un argent précieux à ses utilisateurs. Le problème bien sûr, c’est que changer sa façon de travailler, ça a un coût : il faut former les équipes, investir dans de nouveaux logiciels, et faire quelques erreurs au départ. Pour beaucoup d’entreprises, l’apport du BIM ne justifie pas un tel bouleversement de leurs pratiques : sceptiques sur son apport, elles estiment que le coût de sa mise en place est trop élevé par rapport à ce que la maquette numérique leur apporterait sur le long terme.

Pour répondre à cette question, le cabinet de conseil PwC a mené, pour le compte du gouvernement britannique, une étude sur les bénéfices du BIM dans le secteur public.Résultats : mener un projet en BIM, c’est économiser entre 1,5 et 3% par an sur toute la durée de vie du bâtiment. Pour l’Angleterre, cela correspond à une économie de 400 millions de livres par an !

 

Ce que le BIM apporte au BTP

Pour chaque corps de métier, le cabinet PwC a estimé précisément ce que le BIM leur faisait gagner. Les consultants du cabinet ont interrogé chaque partie prenante, comparé son activité sans, et avec l’usage du BIM, puis calculé le gain financier que le BIM représentait pour eux.

Voici quelques statistiques :

  • ⅗ des bénéfices totaux sont liés à la gestion de patrimoine. La maquette numérique aujourd’hui est un véritable plus pour l’entretien des équipements !
  • Pour les architectes, le BIM représente un gain financier de 5% sur l’ensemble des coûts de la conception
  • Le reste des gains (environ 20%) est réparti sur la phase de construction.

Si le coût de l’implémentation du BIM n’a pas été intégré au calcul, l’étude met en avant les bénéfices du BIM sur le long terme. Pour le marché des infrastructures anglaises, qui a représenté 31 milliards de livres en 2017, le gain de 400 millions de livres est significatif !

 

Mesurer exactement l’apport du BIM : les prochains enjeux.

Quoi que prometteur, le rapport PwC a manqué de données pour être vraiment complet. Dans les années qui viennent, le cabinet de conseil prévoit d’appliquer à nouveau sa méthodologie de calcul sur d’autres projets pour tenter de quantifier les zones d’ombres restantes. Parmi les éléments qui restent à analyser, on retrouve le gain de temps effectif, l’argent gagné sur les conflits détectés en amont de la construction ou encore une méthodologie plus fiable pour l’implication des parties prenantes dans le projet.

Malgré ses limites, cette étude a rencontré du succès, et le cabinet prévoit de réutiliser sa méthodologie de calcul des apports du BIM (Benefits Measurements Methodology – BMM) pour construire de futurs projets. Pour les entreprises du bâtiment, anticiper sur les coûts et comprendre ce qu’elles pourraient gagner à gérer un projet précis en BIM, c’est aussi un excellent moyen de passer le pas !

Pour aller plus loin, l’ensemble du rapport de PwC est disponible ici.


A une époque où les données personnelles et professionnelles sont une ressource très recherchée, il devient primordial de s’assurer de l’anonymat et de la protection de ses données. Le BIM n’échappe pas à la règle : avec ses échanges de données quotidiens et ses logiciels en Saas, les données de ses utilisateurs circulent rapidement et facilement… Parfois au détriment de leurs propriétaires.

L’arrivée du règlement général sur la protection des données (RGPD) vise à donner aux entreprises un cadre clair dans lequel collecter et utiliser les données personnelles de leurs utilisateurs. Alors, l’arrivée du RGPD dans le BTP, qu’est-ce que ça va changer ?

 

BIM et RGPD : ce qui va changer.

 

Concrètement, le RGPD signifie qu’un prestataire de services en ligne doit assurer la confidentialité et la sécurité des données personnelles qui lui sont confiées par son client. Alors qu’autrefois la responsabilité pesait sur les épaules du client, c’est-à-dire que le prestataire n’était qu’un fournisseur de “moyens” qui n’était pas responsable de l’usage qui était fait de son service, celui-ci partage aujourd’hui la responsabilité de la protection des données avec son client. Un prestataire de service doit désormais s’assurer de la conformité des données personnelles qu’il possède et utilise… Et bien sûr se préparer à supprimer ces données si la demande est faite !

Sur le plan professionnel cependant, rien ne change : le RGPD touche uniquement les données personnelles des utilisateurs, mais ne s’intéresse pas aux données professionnelles. La bonne protection des données professionnelles relève donc toujours des engagements de confidentialité pris par chaque entreprise. Si vous êtes client, ou futur client d’un prestataire de services BIM, pensez donc à bien consulter les CGU de l’entreprise ou le détail du contrat de prestation : cela relève encore de votre responsabilité.

Pour en savoir plus sur le RGPD, un article très complet de Finalcad sur le sujet est disponible ici.


 

Alors que le monde du bâtiment peine à se digitaliser, le BIM s’impose progressivement dans les consciences comme une solution de plus en plus intéressante pour réduire les coûts de constructions et d’exploitations, tout en favorisant la collaboration inter-métiers. Mais si la France est en pleine transition numérique, qu’en est-il des autres pays ?

Aujourd’hui, nous vous proposons un petit tour d’Europe du BIM : quels freins, et surtout, quelles opportunités s’offrent aux pays européens en matière de maquettes numériques ?

 

Le tour d’Europe du BIM

 

Les Pays-Bas

Les Pays-Bas sont de véritables précurseurs dans l’adoption du BIM avec près de 60% des projets de construction réalisés à l’aide d’une maquette numérique. La raison d’un tel succès ? L’adoption du BIM par les architectes néerlandais qui l’ont utilisé dès 2013 pour les grands projets immobiliers aussi bien que pour les constructions individuelles ! Aux Pays-Bas, les projets destinés aux particuliers impliquent généralement la construction de plusieurs maisons individuelles identiques. Dans ce contexte, l’utilisation de maquettes numériques permet d’accélérer significativement la construction et l’exploitation de ces biens.

 

L’Angleterre

Si l’Angleterre reste dans le peloton de tête des pays Européens qui sont passés au BIM, l’industrie de la construction stagne aujourd’hui à un peu moins de 40% d’adoption. Pour expliquer cette stagnation, deux facteurs peuvent être pris en compte : tout d’abord, et malgré un gros effort de régulation initié par l’Etat Anglais, il n’y a aucune incitation gouvernementale pour convaincre les entreprises de passer au BIM. Ensuite, et à l’inverse des Pays-Bas, les constructions individuelles qui représentent la majorité du marché de la constructio,n ne sont pas réalisées par des entreprises sensibilisées aux avantages du BIM. Celles-ci préfèrent se focaliser sur les gros projets immobiliers.

 

La France

Cocorico ! Alors que la France était bonne dernière du classement en 2013, lors du premier baromètre d’adoption du BIM en Europe, elle est remontée à la 3ème place en 2017 avec plus de 30% des projets immobiliers réalisés en BIM. La principale raison de cette rapide montée en puissance, c’est bien sûr les encouragements de l’Etat français qui y voit un outil de transition écologique et de réduction des coûts très important. Résultat : les entreprises qui travaillent avec l’Etat (logements sociaux, etc) organisent déjà leur transition numérique !

 

La Belgique

L’utilisation du BIM a triplé en Belgique entre 2013 et 2017 la propulsant à la 4ème place du classement. Si le marché est principalement dominé par des constructions individuelles (moins demandeuses de BIM), on peut supposer que l’influence des Pays-Bas et de la France a joué un rôle important dans la transition digitale des entreprises belges.

 

L’Espagne

En Espagne, on retrouve le même schéma qu’en France : une forte incitation des acteurs publics qui exigent des entreprises qui travaillent avec eux qu’elles soient équipées et formées au BIM. Si la croissance du BIM en Espagne est cependant moins significative qu’en France c’est parce que l’Etat joue un rôle moindre dans les projets de construction espagnols.

 

La Pologne

Le marché polonais représente beaucoup de nouvelles constructions en cours et à venir : il y a donc un gros potentiel d’implantation du BIM. Cependant, sans incitation gouvernementale ou demande du marché envers les professionnels, ceux-ci continueront de se reposer sur des méthodes de travail traditionnelles.

 

L’Allemagne

L’adoption du BIM en Allemagne est plutôt lente : seuls 20% des architectes allemands sont passés au BIM ! D’une part, assez peu d’acteurs publics exigent des entreprises, avec lesquelles ils travaillent, d’être équipées en BIM. D’autre part, le marché allemand est surtout concerné par des opérations de rénovation, moins propice à la mise en place de maquettes numériques.

 

L’Italie

Bon dernier du classement, le marché italien, à l’instar du marché allemand, est surtout concerné par des rénovations. Sans aucune incitation gouvernementale, le BIM restera probablement une technologie marginale en Italie, pour les années qui viennent.

 

Le rôle de l’Etat dans l’adoption du BIM

On l’a vu tout au long de ce classement : les incitations étatiques ont été déterminantes dans la rapidité de la transition digitale des entreprises du bâtiment. Plus les acteurs publics exigent de leurs partenaires que ceux-ci soient formés et qu’ils utilisent activement le BIM, plus ceux-ci le considèrent comme une véritable valeur ajoutée et le proposent à leur clients du secteur privé.

En France, le PTNB (Plan Transition Numérique du Bâtiment) mis en place dès 2015 a pour objectif d’accélérer la transition digitale des entreprises du bâtiment françaises. Parmi ses nombreuses actions, on retrouve des appels à projets, des missions de formation et de sensibilisation, ainsi qu’une feuille de route de normalisation du BIM en France. En proposant un cadre clair et pédagogique aux entreprises françaises, le PTNB favorise la démocratisation du BIM et contribue à mettre la France au premier plan des pays innovateurs dans le domaine !

 

Pour aller plus loin :

Pour lire l’article de Dirk Hoogenboom qui a inspiré cet article (en anglais), c’est par !

Pour consulter le baromètre européen de l’architecture, c’est ici !

Pour lire nos autres articles (notamment nos travaux réalisés dans le cadre du PTNB), c’est .


 

L’IFC, pour Industry Foundation Classes, est un format qui facilite l’échange de données entre les différents logiciels BIM. Sa principale caractéristique est qu’il est interopérable, c’est-à-dire qu’il peut être exporté et modifié par de très nombreux logiciels métiers. Il facilite ainsi la coopération entre les différentes parties prenantes d’un projet immobilier et assure une certaine sécurité au document ainsi sauvegardé, puisque celui-ci n’est pas dépendant d’un format propriétaire.

Si la documentation disponible peut s’avérer ardue à comprendre pour qui s’intéresse au fonctionnement du format IFC, nous vous proposons aujourd’hui une rapide introduction pour vous aider à appréhender simplement sa logique !

 

Le système de classes de l’IFC

 

IFC signifie Industry Foundation Classes : le terme Classes ici fait référence à la notion de classe dans l’édition de logiciel. Une classe, c’est un objet, physique ou abstrait, auquel on associe une série d’attributs. Ces attributs sont déterminés en amont : pour chaque objet, on doit ainsi donner une certaine quantité d’informations qui assureront l’uniformité du fichier final.

Par exemple, une classe de type “porte” en BIM requiert les attributs suivants :

  • Son nom (Name)
  • Son emplacement (ObjectPlacement) qui requiert de le placer par coordonnées X, Y et Z.
  • Sa hauteur (OverallHeight)

Une classe peut également concerner des “objets” qui ne sont pas physiques, comme par exemple une classe “tâche” dont voici quelques attributs :

  • Sa priorité (Priority)
  • Son nom (TaskID)
  • Son statut (Status)

Encore plus abstraite, une classe peut également s’intéresser à des relations qui existent entre les différents objets du fichier. On appelle ces classes des “AssignToProcess Relationships”, elles font le lien entre deux ou plusieurs éléments. Leurs attributs peuvent être :

  • La relation avec un objet physique donné (RelatedObjects) : des portes, par exemple.
  • La relation avec une tâche (RelatingProcess)

Pour travailler sur la même liste d’attributs à chaque fois, il existe pour chaque classe des templates pré-construits qui n’ont plus qu’à être remplis : les portes, les fenêtres, les circuits électriques, les dates à respecter, les vecteurs… Bref, il devient possible de décrire à peu près tout de façon extrêmement précise.

L’intérêt de fonctionner avec un système de classes c’est qu’il met en forme les informations et permet ainsi d’appliquer des filtres qui facilitent la vérification des données. Pour la classe “porte” par exemple, il devient extrêmement rapide de vérifier la hauteur de toutes les portes. Grâce un système de classes extrêmement complexe et exhaustif, l’IFC offre ainsi à ses utilisateurs un moyen de valider la cohérence des maquettes BIM.

 

Interopérabilité et partage de données communes : la grande force du format IFC.

 

Avec ce système de classe, on comprend donc bien que l’IFC est un format de fichiers qui sert de base à tous les échanges dans le milieu de la construction et de l’exploitation immobilière. En travaillant sur les mêmes templates, les parties prenantes d’un projet immobilier s’assurent de parler le même langage, de partager les mêmes informations et d’éviter ainsi les conflits liés à la construction.

A l’inverse des logiciels comme Revit, Tekla ou Forge, qui gardent la recette de leurs templates de travail bien secrète, l’ensemble des templates IFC sont disponibles, pour tous, en ligne. Il est donc bien plus facile de lier des fichiers IFC entre eux, même s’ils sont issus de logiciels métiers différents, puisque les templates seront les mêmes, et les attributs cohérents ! Finies donc les manipulations interminables pour superposer deux fichiers très différents. Le travail se fait presque automatiquement, il facilite la collaboration et augmente la productivité générale.

Autre avantage en faveur de l’IFC : ce format ouvert est constamment mis à jour grâce à la collaboration d’acteurs de la construction et du facility management. Son champs d’action est plus large et favorise réellement la coordination inter-métiers. Comme il ne dépend d’aucun logiciel en particulier, son sort n’est pas lié à celui d’un éditeur : dans le monde rapide du numérique, c’est indispensable !

Chez BIM In Motion, nous avons fait le choix de nous fier au format IFC, qui correspond à nos valeurs de partage et de collaboration. Retrouvez l’ensemble de nos articles et de nos actions en faveur de la démocratisation du BIM ici.


BIM in Motion et le CEREMA ont été sélectionnés par le PTNB pour la rédaction de la future convention BIM nationale ! Cette convention aura pour but de décliner les attentes d’usages du BIM en fonction des spécificités d’un projet donné (réhabilitation, neuf, allotissement, etc) et ainsi être un document de référence lors d’une contractualisation autour du BIM.

 

Pour cela, Médiaconstruct a réalisé un guide méthodologique pour une convention BIM, disponible ici. Ce guide est un outil d’aide à la mise en place de conventions pour types de projets en BIM et suit les préconisations du PTNB, qui encourage la création d’un “écosystème de confiance” entre les différents acteurs du BIM. Alors qu’il existe une soixantaine de “BIM Execution Plan” à l’étranger, mais il n’y a encore aucun modèle-type de convention en France !

 

Nous sommes fiers de participer à la rédaction d’un modèle type de convention qui sera utile au niveau national. En normalisant le BIM, nous facilitons son utilisation par tous les acteurs du bâtiment en France.

 

Que retrouve t’on dans une convention BIM ?

 

Une convention BIM a pour objectif de poser les bases d’une discussion saine entre les différents acteurs d’un projet BIM. Elle permet d’éviter les malentendus et facilite la gestion du projet sur la durée. On y retrouve donc :

 

  • Les procédures, c’est-à-dire, les besoins, les rôles et les responsabilités de chacun.
  • La méthodologie de travail, et notamment tout ce qui a trait à l’échange d’informations (Quelles données ? Pour qui ? Quand ? etc)
  • L’infrastructure BIM, qui englobe tous les outils de travail et les questions techniques et managériales qui y sont liées. Par exemple : quelle plateforme collaborative utiliser, pour combien de temps, avec quelle sécurité des données, etc.

 

Pour retrouver la première version du guide méthodologique pour une convention BIM de Médiaconstruct, suivez ce lien !

 


BIM in Motion fait partie de l’équipe lauréate de l’appel à projets de l’épaMARNE-épaFRANCE pour l’aménagement de deux ZAC dans l’Est parisien. En plus d’intégrer le BIM dans la construction des bâtiments, l’EPA Marne a décidé d’utiliser également les SIG (Systèmes d’Information Géographique) afin de pousser l’analyse jusque dans la rue, et ainsi modéliser l’ensemble des aménagements urbains pour une gestion de projet réellement cohérente.

BIM et SIG s’associent donc au service d’un nouvel acronyme : le CIM, pour City Information Modeling.

 

Apprendre à repenser la ville : BIM + SIG = CIM

Si le BIM est une technologie récente, les SIG existent depuis les années 1960. Lors de leur création, leur vocation est simple : croiser, à la fois les données géographiques, les données statistiques, et les bases de données. D’une part, nous avons donc le BIM, les maquettes numériques de bâtiment, qui regroupent toutes les informations techniques liées au bâtiment. D’autre part, les SIG, qui permettent de visualiser en toute intelligence le fonctionnement d’un espace (infrastructures, accessibilité, etc). Et si on liait les deux ?

En associant ces deux technologies complémentaires, on peut modéliser des écosystèmes qui vont bien au-delà de l’immeuble et ainsi prévoir des réseaux de raccordement cohérents, des infrastructures véritablement accessibles, ou encore envisager des simulations à l’échelle de la ville (trafic routier, accident, événement naturel, etc) et comprendre leur impact sur les bâtiments. Lier le BIM et le SIG c’est donc le meilleur moyen de construire les fameuses “smart cities” du futur : ces villes connectées et intelligentes qui analysent et améliorent en permanence leur fonctionnement.

 

Quelques exemples d’application

Dans une thèse publiée sur Sciences Direct, des étudiants chinois ont listé les différents liens qui pouvaient exister entre BIM et SIG en fonction des différentes phases du projet de construction.

En amont du projet de construction, une fusion du BIM et du SIG a été utilisée pour sélectionner l’emplacement de construction idéal, construire la structure du réseau routier et du réseau électrique, mais aussi commencer à travailler le design du bâtiment : sa performance climatique ou son insonorisation par exemple.

Au moment de la construction d’un nouveau bâtiment, ou de la rénovation d’un bien ancien, lier BIM et SIG a notamment permis de prévoir la logistique d’approvisionnement en matériaux et calibrer intelligemment les emplois du temps des différentes parties prenantes.

Après la phase de construction, une fois le bien commercialisé, le BIM et les SIG continuent d’être utiles lors de la maintenance ! Pour lutter contre les risques naturels, mieux gérer l’approvisionnement énergétique ou tout simplement gérer correctement les équipements, leur entretien et leur renouvellement.

 

Vers une meilleure interopérabilité entre BIM et SIG

Si BIM et SIG forment une si belle alliance, pourquoi sont-ils encore peu utilisés ensemble ? Alors qu’il est déjà difficile de penser l’intéropérabilité entre différentes solutions BIM, parvenir à lier des fichiers BIM et des fichiers SIG pose encore de nombreux problèmes techniques. D’une part parce que les éditeurs de logiciel maîtrisent l’une, ou l’autre des ces technologies, mais rarement les deux en même temps, ensuite, parce qu’il n’existe encore aucune norme sur laquelle se baser pour créer un format d’interopérabilité qui sera utilisé par tous.

Heureusement, les choses sont en train de changer ! En exemple Autodesk, un éditeur de logiciels de conception et d’ingénierie 3D et ESRI, l’inventeur historique d’un système SIG complet, ont annoncé un partenariat en novembre 2017, avec pour objectif d’intégrer toujours plus, le flux d’informations liées au bâtiment dans des logiciels BIM et SIG. C’est le premier pas vers une véritable interopérabilité entre ces deux mondes !

 

Un projet CIM pionnier en France : l’aménagement de deux ZAC par l’épaMARNE

En France, c’est l’épaMARNE-épaFRANCE qui a décidé de relever ce défi en faisant appel au BIM et aux SIG pour l’aménagement de deux ZAC à l’est de Paris. L’objectif, en conceptualisant ce projet via le prisme du City Information Modeling, est de mieux penser en amont, puis gérer, en aval, l’ensemble de la zone grâce à une parfaite visualisation des bâtiments et équipements public.

Parmi les nombreuses missions auxquelles BIM in Motion va participer, il y aura donc la numérisation des aménagement urbains (voirie, réseaux, éclairage public, mobilier urbain, etc), une collaboration MOA / Aménageurs afin de faciliter la compréhension et l’analyse des projets de construction dans les ZAC, mais aussi, la visualisation et l’analyse des différentes propositions architecturales des équipes de MOE.

Nous sommes fiers de faire partie d’un projet aussi ambitieux, et de participer à la démocratisation du BIM en France. Retrouvez un focus sur le projet d’aménagement de l’épaMARNE-épaFRANCE sur le site des échos. Retrouvez également nos autres projets sur le blog !


Travailler sur une maquette BIM présente de nombreux avantages : en partageant et retravaillant le même document, on s’assure de la continuité des données et du bon partage d’informations à tous. Seul problème : si une erreur n’est pas remarquée, et se répète à chaque version de la maquette, elle risque d’entamer sérieusement l’efficacité du processus de construction ou d’exploitation ! Afin d’éviter tout risque technique ou réglementaire, nous avons mis sur pieds une méthodologie pour le contrôle qualité des maquettes BIM.

Nous résumons cette méthodologie dans une infographie que vous pouvez recevoir en vous inscrivant à notre newsletter ici ou en cliquant ici!

Les principaux contrôles qualité

Il existe 9 types de contrôles qui s’intéressent à la forme, mais aussi au contenu d’une maquette BIM. En vérifiant ces 9 points,on s’assure que les collaborateurs de la maquette sont capable d’identifier et d’analyser un élément.

 

Les 9 types de contrôles sont :

  • Le nom du fichier
  • La géolocalisation et l’orientation des éléments
  • Le nom des bâtiments, étages, zones et espaces
  • L’utilisation correcte des objets
  • La structure et la dénomination des éléments
  • Le système de classification
  • L’affectation correcte des matériaux aux objets
  • Les risques de doublons et d’intersections
  • La saisie des bonnes informations au bon endroit

 

Pour découvrir le détail de ces 9 points de contrôle, téléchargez notre infographie en vous inscrivant à notre newsletter ici ou en cliquant ici!

Vérifier la présence des propriétés et des attributs

Pour garantir l’interopérabilité des logiciels métiers et permettre à tous nos collaborateurs de parler le même langage, nous utilisons le format IFC (Industry Foundation Classes). Si celui-ci présente de nombreux avantages en terme d’interopérabilité, il convient de savoir l’utiliser correctement ! Pour chaque objet, il faut donc valider que toutes les informations demandée (par la maîtrise d’ouvrage par exemple) sont renseignées, justes et placées au bon endroit.
Pour recevoir l’infographie récapitulative des étapes du contrôle qualité d’une maquette BIM, inscrivez-vous à notre newsletter ici ou cliquez ici!

 


Socotec et Move to BIM se sont associés pour proposer un service qui optimise le contrôle technique : BIMdata.io est une plateforme qui simplifie la vérification des maquettes BIM tout en étant un outil de collaboration puisqu’elle permet aux membres d’une équipe de visionner et d’éditer la maquette en ligne !

Le contrôle qualité des maquettes BIM

Le BIM est une nouvelle technologie qui bouleverse les pratiques techniques mais aussi managériales du secteur de la construction et de l’exploitation immobilière. En proposant une même maquette 3D à tous les acteurs de la construction, de la conception d’un immeuble à sa gestion, le BIM limite les incompréhensions et offre une base de discussion commune à tous les corps de métiers. Bien sûr, une maquette co-construite par différents acteurs, c’est une maquette qui court le risque d’être truffée d’erreurs ! C’est tout le rôle d’un logiciel de contrôle qualité des maquettes, un “checker”. Un checker, c’est donc un algorithme qui va analyser les données géométriques et alphanumériques des maquettes BIM pour vérifier que celles-ci sont cohérentes entre elles, mais également vis-à-vis de la réglementation. C’est par rapport à la réglementation que le partenariat avec Socotec permet à BIMdata.io de franchir une nouvelle étape puisque le logiciel peut proposer des contrôles automatiques des normes d’accessibilité et d’accoustique. En cas d’incohérence technique ou réglementaire, le checker vous fait remonter l’information avec un “post-it” géolocalisé dans la maquette numérique !

BIMdata.io : un checker collaboratif et une API qui intègre la visionneuse BIM à vos logiciels métiers.

Aujourd’hui, BIMdata.io, c’est un BIM Checker qui analyse vos maquettes BIM : il permet de les visionner et de les modifier en ligne, mais aussi de les intégrer aux logiciels métiers via une API. Grâce à une interface de programmation simplifiée, il est possible de connecter le viewer IFC et les données des maquettes numériques à n’importe quels outils (GMAO, plateformes collaboratives, ERP, etc). Les usages sont illimités !


Le BIM et la Blockchain sont deux technologies qui ont vu leur popularité croître ces dernières années, à mesure que le champs de leurs usages s’élargissait. Aujourd’hui, la question se pose des connexions possibles entre ces deux outils pour le domaine de l’immobilier : tous deux favorisent plus de transparence, ainsi que la transversalité des métiers. Quels liens peuvent exister entre le BIM et la Blockchain ? Dans un domaine où la collaboration entre différents corps de métiers est clé, on peut envisager l’usage du BIM et de la Blockchain comme une réponse à l’épineuse question de la confiance entre les différentes parties prenantes d’un projet immobilier.

Cet article est en partie traduit d’une publication universitaire du Dublin Institute of Technology (en anglais) disponible ici.

La Blockchain : rapide définition et usages dans l’immobilier.

La blockchain est une technologie qui permet de stocker et échanger des informations de manière sécurisée : concrètement, c’est un outil qui lie des blocs d’informations entre eux (les fameuses “chaînes de blocs”) de façon à créer un maillage indépendant et donc, théoriquement, incorruptible. La blockchain est une technologie de plus en plus populaire dans les domaines de la finance et du juridique puisqu’elle doit permettre d’éviter les erreurs humaines et toute forme de détournement.

Dans l’immobilier, on retrouve donc de nombreux projets qui s’intéressent à la blockchain. Pour l’achat bien sûr, et notamment pour gérer et certifier les transactions financières et les démarches administratives qui y sont liées, mais aussi pour la location entre particuliers, la location de bureaux et la gestion de contrats entre professionnels. Plus largement, de nombreuses initiatives s’intéressent également à la blockchain pour mieux gérer l’approvisionnement énergétique des logements, et favoriser ainsi la production d’électricité locale et renouvelable.

BIM et Blockchain : la confiance au coeur de la collaboration métier.

Le BIM présente de nombreux enjeux techniques, notamment pour ce qui est de la construction et l’entretien de bâtiments via l’usage d’une maquette numérique. Pourtant, au-delà du progrès technique, le BIM est surtout un nouvel outil au service de la transversalité et du dialogue entre métiers. En fédérant les différents acteurs de la construction, rénovation et gestion d’un bien immobilier, le BIM propose une base de discussion commune. C’est un outil de communication et de management qui bouleverse progressivement le cloisonnement qui existait auparavant entre les différents corps de métiers. C’est ce qu’on appelle le “Network Effect” (ou “Effet de Réseau”) : lorsqu’il y a effet de réseau, la valeur d’un produit ou d’un service dépend de la quantité de personnes qui utilisent ce produit ou ce service. Dans le cadre du BIM, les maquettes numériques voient leur valeur ajoutée croître à mesure que des corps de métiers différents y ont recours. Cette nouvelle façon de penser le monde de la construction, de la rénovation et de l’exploitation de patrimoine bouleverse les modes de management actuels. Le BIM abaisse les barrières temporelles (le gestionnaire de patrimoine peut suivre le chantier dès le début de la construction) mais aussi hiérarchiques : tout le monde a accès au même niveau d’information, et est, par conséquent, plus responsabilisé.

Le BIM est donc une technologie disruptive, sur le plan technique, mais aussi sur le plan managérial. Passer au BIM c’est accepter d’abandonner des processus qui avaient leurs défauts, mais qui fonctionnaient malgré tout et dans lesquels tout le monde avait foi. Convaincre ses collaborateurs, à tous les niveaux, que le BIM est une solution plus efficace et moins coûteuse, cela requiert une base technique solide. Il faut être capable d’inspirer rapidement confiance aux parties prenantes. Et c’est dans la sécurisation de ces processus que peut intervenir la blockchain. Puisque c’est une technologie qui garantit des échanges de données transparents et incorruptibles, elle constitue un argument de poids dans la gestion du changement ! Pour favoriser le passage à de nouveaux modes de travail et intégrer le BIM dans les processus de communication entre les parties prenantes, il faut être capable d’atteindre des niveaux de confiance similaires, sinon supérieurs à ceux qui étaient atteints. Et grâce à des technologies comme la blockchain, les professionnels du BIM auront bientôt un nouvel argument dans leur besace pour favoriser la transition digitale du monde du bâtiment.