Véritable révolution technologique et managériale, le BIM s’impose peu à peu dans le secteur du bâtiment comme un incontournable de la construction et de la gestion de patrimoine. Si il y a encore peu de professionnels qui se positionnent sur cette technologie, c’est aussi parce que la formation au BIM est encore peu structurée en France : pour beaucoup, il est important de se faire accompagner dans cette démarche ! Aujourd’hui, on vous propose un point sur les certifications BIM disponibles actuellement, et pour celles qui y accolent une formation, sur la qualité de celle-ci.

La certification BIM en France : des formations qui se structurent

En France, pour qu’une formation soit reconnue sur l’ensemble du territoire, celle-ci doit être inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Pour le moment, il n’existe aucune certification exclusivement liée au BIM qui soit inscrite dans ce répertoire, mais l’Education nationale joue un rôle moteur dans la refonte de nombreuses formations professionnalisantes afin de proposer des diplômes d’Etat qui formeront les experts du BIM de demain. Les étudiants souhaitant se former au BIM devront, en attendant, se contenter de modules supplémentaires ajoutés à certains diplômes professionnalisants : si ces formations ne sont pas aussi complètes qu’un diplôme exclusivement dédié au BIM, celle-ci auront au moins l’avantage d’être reconnues en France et en Europe.

Pour les professionnels cherchant à se former, en revanche, l’offre en formation continue reste donc éparse, et de qualité fluctuante. La plus complète et reconnue aujourd’hui est la certification “chef de projet BIM” proposée par l’École des Ponts et Chaussées Paristech, où nous avons le plaisir d’intervenir en tant qu’experts du BIM, sur les modules gestion de projet ainsi que sur les outils BIM. Celle-ci s’adresse aux professionnels qui ont déjà une connaissance des outils numériques du bâtiment et qui cherchent à se former plus spécifiquement sur la démarche et les outils BIM. En une année, ils bénéficient d’une formation complète allant des méthodes de modélisation 3D au management de projet BIM, en passant par les spécificités juridiques et économiques du BIM.

Pour découvrir la certification “chef de projet BIM” de l’École des Ponts et Chaussées, rendez-vous sur leur site.

Côté anglo-saxon, un système de certification qui fonctionne

Au Royaume-Uni, où le secteur du bâtiment est tout autant impacté par le BIM, deux systèmes de certification sur l’aspect méthodologique sont reconnus : le RICS et le BRE. Ces deux institutions permettent à un professionnel de se former au métier de BIM manager : il a ainsi la possibilité d’acquérir des compétences managériales et, surtout, de passer une certification qui valide son expertise métier et lui assure une crédibilité en tant que spécialiste du BIM. Chez BIM In Motion, Stanislas Limouzi  et Yanni Roua sont, par exemple, doublement certifiés par BRE et RICS.

Pour les entreprises, les Anglais ont également mis au point une norme de gestion de projet BIM qui valide la capacité d’une entreprise (MOE, constructeurs, etc) à mettre en place des méthodologies et des outils BIM efficaces. C’est notamment le groupe anglais BSI qui s’est positionné sur cette certification, au regard du PAS 1192-2 qui récapitule les compétences et bonnes pratiques à avoir pour atteindre un BIM de niveau 2. Ces PAS 1192 ont inspiré les Européens pour la mise en place d’une norme ISO similaire (ISO 19650), dont on vous parlait ici, et à laquelle devront bientôt se plier les experts du BIM, en France, et ailleurs.

Parce que le BIM est un outil qui sera amené à être extrêmement répandu dans un futur proche, la question de la normalisation de la méthodologie et surtout de l’évaluation de la démarche qualité est centrale. Chez BIM in Motion, dans une démarche d’amélioration continue, nous avons fait le choix de nous certifier ISO 9001-2015. Concrètement cette certification exige de définir précisément nos processus métier par une démarche 100% BIM et d’y intégrer également des processus de management de la qualité. Pour toutes ces raisons, et parce que pour nous, le BIM est une méthodologie vouée à se démocratiser, nous sommes également enregistré en tant que prestataire de formation conformément aux dispositions de l’article R.6351-6 du Code du Travail, et intervenons régulièrement sur des formats intra-entreprise (initiation au BIM et perfectionnement à la gestion de projet BIM).


Le PTNB (Plan Transition Numérique du Bâtiment) est une initiative gouvernementale qui date de 2014 et qui vise à démocratiser l’usage d’outils digitaux dans le secteur du bâtiment. Le BIM, véritable révolution technique et managériale est bien évidemment au coeur de ces réflexions et le PTNB s’est saisi de la question de sa normalisation. Parce que faire du BIM oui, mais pourquoi et comment ? En tant qu’expert du BIM, Stanislas Limouzi, cofondateur de BIM in Motion, a participé au groupe de travail du PTNB chargé de la feuille de route “normalisation du BIM”. L’objectif de ce groupe de travail : éditer une feuille de route sur les actions de pré-normalisation et de normalisation du BIM, afin de comprendre et valoriser au maximum la filière construction nationale. Ce sont donc des experts, des industriels et des spécialistes juridiques qui ont participé à cette initiative afin de mettre en avant les spécificités du monde du bâtiment en France, et de les prendre en compte au mieux dans la stratégie d’implémentation du BIM sur le territoire

Découvrez la feuille de route du PTNB ici.

Une feuille de route complète qui mesure l’impact du BIM pour les entreprises françaises

La feuille de route éditée par le PTNB reprend donc les actions de pré-normalisation et de normalisation qui prennent actuellement place au niveau français, mais également au niveau européen et national. Pour les entreprises françaises, toutes ces normes en préparation vont bouleverser leur mode de fonctionnement puisqu’elles deviendront un passage obligatoire pour une reconnaissance au niveau national et européen de leur expertise. La feuille de route “normalisation” met donc l’accent sur l’importance de comprendre les usages des entreprises françaises, quelle que soit leur taille, afin de limiter l’impact négatif que pourraient avoir ces normes et en maximiser, au contraire, les conséquences positives. Pour cette raison, l’accent est mis sur la méthodologie BIM, qui est presque aussi importante que la technique, puisque c’est celle-ci qui garantira le passage de tous les acteurs de la filière du bâtiment au BIM, des architectes aux gestionnaires de patrimoine, en passant par les constructeurs et la maîtrise d’oeuvre.